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DERRIERE LES MURS

DES ÊTRES HUMAINS 

1. Un livre

125 pages de textes, de photos et de dessins

par l’Atelier d’Ecritures de la Maison d’Arrêt de Colmar

animé par Marguerite Rodenstein, bénévole à Espoir

en vente au prix de 10 €

Librairie Hartmann à Colmar

à Espoir

78a av de la République à Colmar

DERNIERES NOUVELLES DALSACE 30 juin 2009

Ecrits sur la taule

Des pensées de Pascal aux poèmes de Samuel, Derrière les murs, des êtres humains rassemblent les écrits des détenus de la maison d'arrêt de Colmar.

Pascal, l'un des auteurs, félicité par Marguerite Rodenstein, bénévole de l'atelier d'écriture. (Photo DNA - Michel Petry)

Samuel s'est reconnu. Il est l'un des sujets capturés par l'objectif du photographe Jean-Marc Hedouin. Et la photo occupe la dernière de couverture de l'ouvrage « Derrière les murs, des êtres humains ». On y voit le détenu les jambes pendantes à l'extérieur de sa cellule, les mains posées sur les barreaux : « Il a pris la photo entre 17 et 19 h, quand je prends le soleil ».
 Il est alors dans la cellule « VIP », ainsi classée parce qu'elle n'a « pas de grillage à la fenêtre et qu'elle offre une vue plus dégagée que les autres ». Samuel, « poète depuis des années » est l'un des auteurs du 13e recueil conçu entre les murs de la maison d'arrêt de Colmar. Il a écrit, « en deux minutes, ça vient tout seul », un poème, « le pardon », « pour mes parents ».

Merci aux « résidents »

 Il y a aussi Didier. Enfin sevré d'alcool mais surtout pas de dessin ni de mots. Dans la prison, on n'entend pas seulement le bruit de la lime sur les barreaux, il y a aussi la petite musique des mots. L'atelier d'écriture, c'est tous les jeudis, avec l'aide des enseignants et sous le haut patronage de Marguerite Rodenstein qui ne voient pas de détenus mais des « résidents de cet hôtel ». Elle cite un extrait de l'oeuvre : « Il suffit d'un tout petit moment pour tout bouleverser ». Et en tire la conclusion : « Personne n'est à l'abri de rien, ça doit nous dispenser de porter un jugement hâtif sur ces personnes. »
 Ah, l'écriture ! Tout le monde en dit du bien. C'est pour Me Brugger, adjoint au maire, « le marchepied vers la vie ». Pour le député Eric Straumann, c'est le viatique de la réinsertion. La présidente du tribunal de grande instance, Sonia Peress-Garrigue figure parmi « ceux qui mettent en détention ». Elle est une habituée d'un atelier d'écriture qui lui est « cher ».

« Ça met en valeur »

 On trouve cette année sous la couverture de Phil Umbdenstock les photos de l'exposition de Jean-Marc Hedouin qui « tourne depuis un an et demi » et que l'administration pénitentiaire semble décidée à faire tourner en France de l'intérieur.
 Pour Pascal, c'est « important » d'en être. Dans l'ouvrage, le détenu Pascal livre ses « pensées ». Didier y ajoute ses aquarelles : « Même si on n'a pas mis mon prénom, ça met en valeur, ça montre que t'es pas dans un trou à rien faire. » Sans subventions, qui serait évidemment les bienvenues, l'association des détenus a fait imprimer 500 exemplaires. Et le directeur de la maison d'arrêt, M. Zenatti a donné rendez-vous à tout le monde pour un nouveau volume. « Pas avec les mêmes détenus ! » prévient Mme Rodenstein qui espère des fins de peine. Ph.M.

2. Une exposition itinérante

EXPOSITION PHOTO CONSACREE A LA PRISON

Réalisée par Jean-Marc Hedouin, photographe,

dans le cadre de l’Atelier d’Ecriture

de la Maison d’Arrêt de Colmar,

animé par Marguerite Rodenstein,

bénévole de l’association.

Location de l’exposition pour une semaine

50 € plus les frais de transport

Renseignements et location auprès de

Marguerite Rodenstein au 03 89 41 05 78

marguerite.rodenstein@orange.fr

L’exposition consacrée au monde pénitentiaire sous le titre :

«  Derrière les murs,

des êtres humains »,

est l’aboutissement du travail d’écriture effectué par plusieurs dizaines de détenus de la Maison d’arrêt de Colmar, réunis chaque semaine pendant une année, au sein de l’Atelier d’écriture animé bénévolement par Marguerite Rodenstein, membre de l’Association Espoir à Colmar. A la faveur de la publication, en juin 2007, du 10ème volume de paroles de détenus, l’idée a pris corps de compléter les témoignages des uns et des autres, par un reportage photographique confié à Jean-Marc Hédouin, professionnel.

Si nul ne conteste à la société le droit de punir les délinquants et les criminels qui transgressent les règles indispensables à la vie en commun et à la sécurité de tous, il est nécessaire que la société, au nom de laquelle la justice rend ses verdicts, ait connaissance et conscience de la manière dont les sanctions sont exécutées. Dans la mesure où les peines prononcées et plus particulièrement la plus lourde d’entre elles, l’emprisonnement, sont supposées conduire les condamnés à faire repentance de leurs actes, à les persuader qu’ils doivent changer de comportement, se montrer plus responsables et plus respectueux de la vie et des biens d’autrui, il appartient à tous les citoyens de contrôler la manière dont les peines sont exécutées. Il est vrai, à beaucoup d’égards, que la prison telle qu’elle fonctionne aujourd’hui est la meilleure école du crime. La promiscuité, le manque chronique de moyens de l’administration pénitentiaire et des services de probation, la faiblesse des accompagnements pédagogiques et sanitaires, réduisent malheureusement le rôle de la prison à sa fonction d’enfermement. L’essentiel que devrait être la préparation au retour dans la vie en société est la portion congrue de notre politique carcérale et cette carence explique le taux élevé des récidives. La société sait très peu ce qui se passe en prison. Souvent, elle ne veut pas savoir. En quoi elle a tort puisqu’elle se prépare à de nouveaux déboires et à des victimes supplémentaires qu’une meilleure prise en charge psychologique pourrait lui épargner. Faute de faire ce travail, elle se repose sur l’idée qu’il faut punir toujours plus et plus fort. Une idée fausse que l’on ne dénonce pas assez puisque sa mise en œuvre est la cause, précisément, de l’augmentation continue du taux d’échecs de l’insertion ou de la réinsertion. Nous sommes engagés dans un cercle vicieux et dans une fuite en avant dramatiques. La société doit accepter d’ouvrir les yeux sur un phénomène sur lequel elle est mal informée.

L’exposition : « derrière les murs, des êtres humains » se veut modestement contribuer à cette vaste ambition qui consiste à mettre la prison sur la place publique et en débat pour qu’un jour prochain, elle remplisse mieux sa mission au service de la société. Bernard Rodenstein

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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dessin Phil Umbdenstock

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